“Faire émerger une nouvelle ère des mobilités à l’échelle de la région grenobloise qui est la seule à même d’apporter des solutions adaptées à la diversité des territoires”

 

Yann MONGABURU, vice-Président délégué aux déplacements, Président du Syndicat Mixte des Transports en Communs de l’agglomération grenobloise (SMTC).

🚈🚡🚉 BUDGET

PDU 2030 : 2.2 milliards €

-> Investissements SMTC : 352 millions €

-> Investissements Grenoble-Alpes Métropole  : 270 millions €

🚏🚲 🚗 OBJECTIFS 

-> Tripler les déplacements vélo d’ici 2020

-> Se libérer du diesel

-> Apaiser, embellir et mieux partager les espaces publics

Au terme de 3 ans et demi de Métropole, qu’est-ce qui a marqué votre 1ère partie de mandat ?

A mon arrivée aux responsabilités, nous avons procédé par étape, d’abord par le partage d’un constat celui de la nécessité d’aller plus loin, plus vite et de tracer ainsi le cap et des ambitions communes : un cap sur une meilleure qualité de vie métropolitaine. Nous avons également souhaité tourner notre regard et investir en priorité vers le sud du territoire métropolitain afin d’en améliorer la desserte multimodale.

Car bien que de nombreux efforts aient été réalisés ces dix dernières années pour réduire les polluants atmosphériques, près de 75 % des habitants de l’agglomération grenobloise sont encore exposés à un dépassement des  valeurs recommandées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) aux particules fines. Avec en moyenne 115 décès prématurés par an liés à la pollution atmosphérique, l’amélioration de la qualité de l’air reste un enjeu sanitaire de premier ordre dans la région grenobloise.

Face à ce constat, l’impérative nécessité d’agir et de prendre nos responsabilités notamment sur les questions majeures des mobilités et d’espaces publics qui sont autant de leviers à activer pour reconquérir une meilleure qualité de l’air. Notre objectif a ainsi été d’apaiser, mieux partager et repenser à leur juste place les différentes mobilités en privilégiant les modes dits « doux » : marche, vélo, transports en communs et conjointement proposer de nouveaux services visant à se libérer de la possession individuelle de voiture (Plaque ta caisse, autopartage, covoiturage). Cela participe d’ores et déjà à redonner de l’espace et de la qualité de vie et de ville dans nos communes.

L’actuelle déclinaison de plus d’une dizaine de démarches et projets « Cœurs de Villes et Villages Cœurs de Métropole » témoignent de cette volonté largement partagée par les Maires des communes et la Métropole – au-delà des étiquettes politiques – de transformer nos différents pôles de vie métropolitains. Dans la même veine, la généralisation du 30km/h parce que 80% de nos voiries sont des rues et non des routes dans le cadre du dispositif « Métropole apaisée » concourt à redonner de l’air, sécuriser l’espace public et revitaliser les centres-villes, bourgs et villages de notre Métropole. En matière de stationnement c’est aussi libérer de l’espace public en facilitant le meilleur accès et une  utilisation accrue des 19 parkings relais des 21 parkings en ouvrage de notre territoire.  

La politique vélo que nous avons enclenchée dès 2014 entend tripler leur part modale avec la construction d’axes structurants adaptés – les « Chronovélos » – mais également de consolider et mailler le réseau cyclable existant, afin de permettre à chacune et à chacun, quel que soit son âge, de pouvoir se déplacer à vélo en toute sécurité. A ce sujet, un rappel des règles et bonnes pratiques en matière de partage de l’espace public à travers l’édition d’un Code de la rue a été diffusé largement dans la Métropole. L’engouement pour le service de location Métrovélo se poursuit en proposant, selon les besoins, vélos enfants, cargos, triporteurs, pliants, à assistance électrique et abonnements. Enfin, afin de lutter contre les vols, des solutions ont été également mise en œuvre pour sécuriser les stationnements des vélos (parkings, minibox, gravure des vélos).

Territoire d’expérimentation, d’innovation et fidèle à son histoire, au sein du Syndicat Mixte des Transports en Commun, nous avons pu enclencher une politique ambitieuse en matière de logistique urbaine dite écoresponsable. Unique en France, celle-ci a vu le jour en partenariat avec les acteurs et professionnels du secteur (transports et livraisons des marchandises) et poursuit sa structuration : une meilleure rationalisation et mutualisation des livraisons, de nouveaux services et la création de deux centres de distribution en entrée de territoire permettant ainsi d’effectuer les derniers kilomètres avec des véhicules moins polluants. A ce propos, grâce à des aides incitatives complémentaires à celle de l’État, la Métropole a mis en place une aide au changement de motorisation à destination des professionnels. La mise en œuvre progressive d’une Zone Basse Émission ayant pour objectif de se libérer du diesel d’ici 2021 pour les bus et les cars, d’ici 2025 pour les poids-lourd et véhicules utilitaires et à l’horizon 2030 pour les voitures. La transition énergétique des véhicules, c’est un gain pour nos poumons, c’est un gain pour l’emploi en relocalisant la production d’énergie(BioGNV et électricité verte), c’est un gain de pouvoir d’achat pour les ménages (12 millions € économisés / an).

Nous avons réussi à faire bouger les lignes en nous portant volontaire pour une expérimentation grenobloise réussie et généralisée avec la mise en place des Certificats de Qualité de l’Air. Depuis, les certificats sont devenus la règle pour tout le territoire national et une base pour engager la libération du diesel.

Quels sont vos objectifs, dossiers et priorités pour 2018 et les années qui suivent ?

Outre la bonne réalisation de tout ce qui a été engagé que je viens de dépeindre dans les  grandes lignes, la poursuite de la construction de notre Plan de Déplacements Urbains (PDU)  est la priorité. C’est tracer pour notre Métropole un cap clair et une ambition commune : des mobilités plus partagées, plus libres, moins polluantes et moins coûteuses, des voitures moins nombreuses, moins couteuses et plus écoresponsables. Ce sont plus de 2,2 milliards d’€ d’investissements d’ici 2030 pour les acteurs publics au service de la transition.

En coordonnant les actions de l’ensemble des acteurs de la mobilité sur l’organisation du  transport de personnes et de marchandises, la circulation et le stationnement, le PDU est l’outil de planification qui permet à la fois d’engager la transition énergétique d’un territoire et le droit à la mobilité pour tous. L’usage de la voiture de demain, l’avenir du réseau de transport en commun et de la desserte ferroviaire, la libération de la dépendance aux énergies fossiles, sont autant de questions concrètes auxquelles doit notamment répondre notre PDU.

À travers lui, les collectivités tracent le chemin et les moyens pour y parvenir d’ici 2030, avec une première étape en 2023. Après s’être concentrés pendant des décennies sur le développement d’infrastructures lourdes en milieu urbain, nous devons aujourd’hui donner la priorité aux déplacements du quotidien, aux liaisons avec le périurbain et nos territoires voisins. Cela vaut notamment pour les zones périurbaines et rurales où l’éloignement et souvent une plus grande précarité énergétique et financière créent les attentes les plus fortes. Nous devons également penser l’organisation de l’intermodalité en matière d’itinéraires, d’horaires, de pôles d’échanges, d’information, de tarification et de billettique et non plus seulement à travers les lignes de transports. Nous devons enfin réduire les émissions de gaz à effet de serre et le coût économique des déplacements en proposant des alternatives crédibles à la voiture individuelle et en engageant la transition énergétique des véhicules.

C’est dans cet état d’esprit que s’inscrit le « RER à la grenobloise », outil indispensable  à l’émergence d’un report modal massif sur notre territoire, le développement des itinéraires Chronovélo ou encore le « Pass Mobilité », intégrant tous les modes (autopartage, TC, vélo, parking), l’accompagnement au changement de pratiques avec le Plan de Mobilité M’Pro pour les entreprises, l’apprentissage du savoir rouler avec les stages de “remise en selle et, à venir, des Plans de Mobilité des établissements scolaires.

C’est bien le sens de notre action : faire émerger une nouvelle ère des mobilités à l’échelle de la région grenobloise qui est la seule à même d’apporter des solutions adaptées à la diversité des territoires, des âges, des genres, des besoins.