La construction de notre maison commune métropolitaine, son identité, son image, sa qualité de vie et sa vitalité tout cela passe aussi, ou même d’abord, par la Culture

 

Francie MéGEVAND, vice-Présidente déléguée à la Culture et à l’Éducation

🎨 🎼 🎭 BUDGET 

-> Fonctionnement :
5 millions € / an dont 4,3 pour la MC2 et 0,5 pour l’Hexagone
585 000 € / an de subvention aux associations culturelles
-> Investissement : 300 000 € / an

📚 💻 OBJECTIFS 

 

-> Définition & mise en œuvre de la politique culturelle métropolitaine

-> Mise en œuvre d’une bibliothèque numérique métropolitaine

 

Au terme de 3 ans et demi de Métropole, qu’est-ce qui a marqué votre 1ère partie de mandat ?

D’abord rappeler en 2014 notre arrivée – remarquée –  aux responsabilités dans les communes et puis à nouveau remarquée lors de la constitution d’une majorité politique « plurielle » au sein de la Métropole grenobloise, car il est peu fréquent qu’une institution soit gouvernée par 4 puis 5 groupes de gauche. Notre Métropole – au sens politique – reste d’ailleurs la seule en France à avoir une majorité uniquement de gauche, c’est-à-dire non technique, et qui s’appuie sur un contrat de majorité très ambitieux socialement et environnementalement pour les métropolitains et notre construction métropolitaine. On pouvait craindre une complexité et la difficulté à nous entendre, cela nécessite et nous impose un débat interne constant pour avancer en commun, mais nous y arrivons, même plutôt bien. Je crois que nous l’avons démontré sur de nombreux dossiers. 

Nous avons en effet mis en place des outils et des process politiques internes qui font que nos décisions sont toujours discutées, débattus et partagées. C’est un travail lourd mais nécessaire au débat politique interne, nous permettant d’arriver – presque – toujours au consensus. En tant que co-présidente du groupe aux côtés de Eric Piolle, nous sommes au cœur de ces instances, car il est important pour les élus de notre groupe, aux côtés des autres collègues de la majorité, d’être impliqués pleinement et de prendre toute leur place dans les débats et réflexions internes pour que nous continuions sur la lancée du contrat de majorité, afin que cet outil métropolitain soit utilisé au mieux pour nos biens communs, au service des citoyens. 

Ces débats nourrissent la structuration et la maturation institutionnelle de notre Métropole grenobloise. Du fait que nous avons de plus en plus de compétences sous notre responsabilité, nous portons collectivement des politiques les plus ambitieuses possibles pour construire la Métropole de demain, celle à même de répondre aux défis climatiques et sociaux. Je tiens d’ailleurs à souligner le travail immense qu’ont eu à effectuer les services et tous les agents de la Métropole à ce sujet, car ce n’était pas gagné avec la perpétuation des stratégies communales sur des compétences désormais métropolitaines. A chaque fois, nous avons démontré que lorsque nous portons collectivement des politiques publiques ambitieuses, souvent innovantes, celles-ci ont résolument engagé la Métropole et le territoire dans la voie de la transition. Je ne pourrais pas toutes les citer tant nous avons avancé depuis 2014 mais mes collègues en charge y reviendront pour leurs parties.

Nous avons aussi quelque peu bousculé les habitudes positivement et nous participons activement à la construction de cette maison commune métropolitaine avec des délégations importantes au sein de l’institution à savoir : les politiques en matière d’Habitat, de Mobilités, de Prévention Spécialisée, d’Environnement et Biodiversité, d’Administration générale, de Recherche et Innovation et de Prévention des déchets. Je peux dire sans ambages que nous honorons ces délégations à très gros enjeux et budgets, toujours en accord avec les autres groupes, parfois même à la quasi-unanimité du Conseil métropolitain.

Nous avons su également collectivement impulser le Projet Métropolitain, des réflexions et une méthode prospective pour penser la Métropole comme notre espace de vie pour les années à venir. Cela a permis l’émergence de vrais débats et discussions sur l’avenir de notre territoire, et bien qu’il n’y ait pas forcément tout le temps de réponses précises à nos questionnements, elles restent ouvertes et enrichissent les réflexions des élus, services, associations et citoyens qui prennent part aux différents ateliers et temps collectifs. Ce projet d’assoir une culture « commune » métropolitaine s’appuie grandement sur les projets et réflexions que nous avons réalisés et mis en œuvre depuis le début du mandat avec le Programme Local de l’Habitat, le Plan Local d’Urbanisme Intercommunal, le Plan Déplacements Urbains, le Schéma Directeur Déchets etc. Tout cela est en cours et nous devons continuer à nous engager pour que le Projet Métropolitain devienne véritablement le projet des métropolitains, pour une Métropole résiliente et durable, proche de ses citoyens et qui continue de de tracer un cap le plus largement partagé à l’horizon 2030.

Depuis novembre 2017, je suis élue vice-Présidente déléguée à la Culture et à l’Education comme suite à la prise de compétence de la Métropole en matière culturelle. Cette nouvelle politique s’appuie actuellement sur la délibération-cadre du projet culturel métropolitain de novembre 2016, qui préparait les transferts d’équipements de rayonnement métropolitain : la Maison de la Culture, le Centre Chorégraphique National ou encore l’Hexagone. D’un point de vue budgétaire, cela correspond aux budgets transférés par les communes, augmenté d’un apport que l’on peut considérer faible mais néanmoins intéressant pour soutenir des évènements culturels d’échelle métropolitaine.

Je rappelle – ou rassure –  toujours sur le fait que les communes gardent évidemment un rôle prépondérant en la matière, la Métropole n’a pas vocation à se substituer aux communes, elle dispose d’outils et de différents leviers pour apporter sa touche dans le champ culturel. Petit à petit nous prenons notre place et notre légitimité dans la gouvernance des projets culturels existants, dans un territoire très riche en acteurs culturels aussi bien qu’en équipements dédiés, professionnels et associatifs, bénéficiant grandement au rayonnement du territoire. La construction de notre maison commune métropolitaine, son identité, son image, sa qualité de vie et sa vitalité tout cela passe aussi, ou même d’abord, par la culture. Une belle illustration d’un événement d’échelle métropolitaine est le Grenoble Street Art Fest, il a eu d’emblée cette ambition de dépasser les frontières administratives classiques et contribue ainsi d’édition en édition, à rendre accessible à tous des œuvres d’art sur l’espace public métropolitain : un musée à ciel ouvert ! Cela passe aussi par des soutiens à des festivals tels que Les Détours de Babel, festival de musiques du monde, etc.

Quelles sont vos priorités pour 2018 et les années qui suivent ?

Du point de vue de notre majorité, des défis nous attendent pour la suite du mandat celui de poursuivre les objectifs fixés dans notre contrat de majorité et conserver le débat interne et la volonté de toujours trouver le consensus et d’avancer. Nous poursuivrons nos engagements communs et notre groupe continuera à jouer collectif pour continuer la construction métropolitaine sur les bases solidaires et durables que nous lui avons données.

Je vais poursuivre le travail de mise en route et de préfiguration de la politique de la Métropole en matière culturelle afin qu’elle puisse apporter une réelle plus-value aux communes et aux métropolitains. L’objectif est la structuration de la politique culturelle métropolitaine car elle reste pour l’heure, mais c’est un peu normal, relativement éparpillée dans ses champs d’intervention. A l’usage, il apparait également nécessaire que nous réorganisions les processus de subventionnement pour plus de transparence.

J’ai d’ores et déjà lancé le chantier de l’élaboration d’une charte de coopération entre équipements et porteurs de projets à horizon de la rentrée 2018, avec pour objectifs principaux d’avoir une politique culturelle qui permette d’irriguer tous les territoires, et qui va à la rencontre de tous les publics avec une attention toute particulière aux publics les plus éloignés. Ce sera la première étape avant un élargissement basé sur des coopérations avec les autres acteurs de la production culturelle en gardant toujours une approche et une focale métropolitaine. Cela consiste en un renforcement de la concertation avec les communes avant d’aller plus loin dans la coopération et les mutualisations.

Courant 2019, nous lancerons des rencontres métropolitaines axées sur la culture pour construire avec nos équipements les événements que la Métropole soutient.

Autre important chantier qui nous occupe actuellement, la constitution d’une bibliothèque numérique métropolitaine qui sera mise en service avant l’été 2019, pour permettre un accès aux ressources culturelles sur tout le territoire. Elle s’appuiera sur l’outil et l’ingénierie de la ville de Grenoble reconnue pour ses qualités et permettra où que l’on soit sur le territoire l’accès à d’importants fonds.

Dans la perspective post 2020, des réflexions et étude de transferts vers l’égide métropolitaine de nouveaux équipements vont être menées de manière concertées avec les acteurs culturels et les communes. Car il s’agira alors de développer une véritable politique culturelle intégrée, sur la base de projets clairs et, il faut bien le dire, d’enjeux budgétaires à clairement identifier.