“Il était nécessaire, d’abord, de considérer et valoriser les hommes et les femmes, chevilles-ouvrières de ce service public en mobilisant les personnels autour de leurs missions et rôles d’agent de service public. Parallèlement il fallait que les habitants prennent conscience d’une production métropolitaine de déchets, par habitant, trop importante sur notre territoire.”

Georges OUDJAOUDI, vice-Président délégué à la Prévention, la Collecte et la Valorisation des déchets

♻️ BUDGET 

-> Investissement : 12 millions € / an

-> Fonctionnement : 50.6 millions € / an

🗑️OBJECTIF 

Réduire de 50% la production de déchets par habitant d’ici 2030 !

Au terme de 3 ans et demi de Métropole, qu’est-ce qui a marqué votre 1ère partie de mandat ?
Depuis notre arrivée aux responsabilités en 2014, j’ai engagé deux chantiers essentiels aux orientations métropolitaines dont j’ai la charge à savoir la gestion, prévention et valorisation des déchets. Le premier consistait à retrouver l’équilibre entre les agents et les services rendus en disposant d’un budget en adéquation avec la nécessité de se donner de nouveaux objectifs. Le 2ème chantier était la construction d’objectifs à long terme pour pouvoir durablement organiser le service public.

Il était nécessaire, d’abord, de considérer et valoriser les hommes et les femmes, chevilles-ouvrières de ce service public, en mobilisant les personnels autour de leurs missions et rôles d’agent de service public. Parallèlement il fallait que les habitants prennent conscience d’une production métropolitaine de déchets, par habitant, trop importante sur notre territoire. Car ne nous voilons pas la face, nous ne sommes plus parmi les bons en matière de tri sélectif, plutôt dans la moyenne basse nationale… Cette action sur les deux registres a été une opportunité pour construire le changement et d’être doublement ambitieux. Nous avons ainsi travaillé, avec l’ensemble des personnels, cela prend du temps, pour avoir une qualité de dialogue et des échanges sereins, pour redonner du sens aux missions et dans une perspective d’une meilleure efficacité et qualité du service public rendu aux métropolitains (professionnels comme habitants). Un important travail d’homogénéisation du service a ainsi été entrepris en harmonisant les horaires de travail des équipes de collecte ou encore d’ouverture des équipements et notamment les déchetteries. Nous avons également réorganisé la répartition territoriale des équipes et des différentes tournées de collecte. Mon parti pris a été – et il le reste – d’être au plus près de la réalité du quotidien des agents sur le terrain, je me rends ainsi régulièrement auprès d’eux pour suivre des tournées et de m’assurer de l’efficacité des orientations prises et des nouveaux dispositifs mis en œuvre sur l’ensemble du territoire, que l’on soit en milieu urbain, en péri urbain ou en zone moins dense. Tout cela a concouru à la mise en place d’une structure économique et budgétaire pérenne pour notre institution et un service public au juste prix rendu aux habitants des 49 communes que comprend notre Métropole.

Les outils et processus industriels ont ainsi évolués et ont été modernisés, pour assurer un plus grand confort de travail et garantir une sécurité accrue des agents. Cela se traduit par des investissements et des marchés pour mieux sécuriser les déchetteries, les usines de traitement ; et la flotte de camions de collecte qui continuera à être progressivement renouvelée par du matériel moderne, plus confortable à l’usage et moins polluant car roulant au biogaz.

J’ai pu ensuite m’atteler au cœur de la mise en œuvre de la politique déchets que je souhaite la plus ambitieuse possible en matière de réduction à la source, de meilleure valorisation, de tri et recyclage accru : nous avons, par exemple, pu étendre la collecte à tous les emballages plastiques en collaboration avec les territoires voisins. Nous avons mis en place une politique de réduction des déchets à la source – conformément à la formule consacrée « un déchet évité est un déchet qu’on ne produit pas » – en favorisant et incitant la mise en place et les usages de composteurs partagés, en accompagnant ces dispositifs de formations et d’actions de sensibilisation auprès des métropolitains en lien avec des associations dans les écoles. Des campagnes de communication – parfois chocs – , restent aussi toujours nécessaires afin de faire prendre conscience à toutes et tous notre slogan « Jeter Moins, Trier Plus, Faire Face ». Le tri, la réduction de la production des déchets sont et restent l’affaire de tous !

Le 2éme chantier a pu s’engager en début 2016 par la mise en œuvre d’une étude très détaillée du contenu de nos poubelles, points d’apports volontaires et bennes dans nos déchetteries. Sur cette base nous avons pu lancer l’élaboration du Schéma Directeur Déchets 2030 concerté avec associations, professionnels, personnels et habitants de la Métropole qui a permis de remettre les préoccupations des usagers métropolitains au cœur de notre politique. Après l’expression de centaines d’habitants et de groupes de travail avec les élus de la Métropole, nous avons adopté le 10 novembre 2017 le schéma 2030 qui a des objectifs ambitieux et innovants.

Ambitieux dans les résultats, mais également pragmatique dans sa mise en œuvre, il passe par des phases de tests et d’accompagnement des habitants à changer leurs pratiques pour assurer un service efficace et réduire, autant que possible, notre production des déchets.

Toujours fin 2017, nous avons lancé des expérimentations d’opérations pilotes de collecte des déchets alimentaires auprès des restaurateurs volontaires du cœur de notre métropole , et le ramassage gratuit des cartons auprès des commerçants. Dans deux quartiers urbains denses de la métropole, nous avons également mis en test la collecte des déchets alimentaires en mettant bioseaux, sacs spécifiques et bennes marrons dédiées aux résidences et copropriétés pilotes. Les premiers résultats sont très encourageants. La valorisation des déchets a également été mise en avant, avec une part de déchets recyclés en augmentation, ou encore en produisant des biogaz par la méthanisation des déchets verts. A terme ces expérimentations après évaluations et éventuels ajustements ont vocation à être généralisées.

Quels sont vos objectifs, dossiers et priorités pour 2018 et les années suivantes ?

La mise en place de la tarification incitative nécessite le déploiement d’une logistique lourde. Elle a commencé par l’appropriation des containers par la Métropole pour maîtriser leur identification, les volumétries, la disponibilité des emplacements afin d’ajouter un nouveau container marron pour collecter les déchets d’alimentation. La Métropole a ainsi lancé récemment une campagne de remplacement gratuit et progressif des bennes et autres containers.  Les tests en cours portent aussi sur les matériels mis à disposition des ménages (bioseaux, sacs en plastique biosourcé) et les relations à déployer avec les conseils syndicaux des copropriétés et les bailleurs sociaux. La collecte des déchets alimentaires s’accompagnera d’une modification des fréquences de collecte. Cette collecte devrait alléger considérablement la poubelle « grise »  et en réduire la fréquence de collecte.

Cette année sera livrée la première déchetterie nouvelle génération de la Métropole à Saint Martin d’Hères. Suivront celles d’Echirolles, Sassenage, Varces-Allières et Risset et Jacquart à Grenoble. Et 8 déchetteries rénovées ou construites sont programmées à échéance 2020 pour moderniser ce réseau et proposer ainsi une offre de service homogène sur l’ensemble de notre territoire. Ces déchetteries sont un reflet de la politique en matière de traitement des déchets que nous souhaitons pour le futur de la Métropole, des équipements ouverts sur le territoire, pour les habitants, avec des espaces pour les déchets verts, des mises à disposition de broyeurs, des composteurs, des zones de recyclage et même de réutilisation. Nos déchets sont des ressources car ils peuvent être le plus souvent transformés, recyclés, valorisés! 

Nous travaillons aussi à la mise en place d’une police de l’environnement, pour nous assurer du bon respect des règles qui existent en matière de déchets afin de pouvoir sensibiliser, être pédagogue mais aussi contrôler et à terme sanctionner les actes d’incivilités : notamment en matière des dépôts sauvages, encombrants ou de non-respect des consignes de tri. Cette police viendra en appui des services des communes.

Le centre de tri et l’incinérateur d’Athanor basés à La Tronche, mais aussi le centre de compostage à Murianette nécessitent d’importants investissements à terme, et les nouveaux outils permettront une optimisation et des performances industrielles bien supérieures. Car leurs usages vont être mutualisés avec les territoires voisins, dans une large coopération en matière de déchets engagée depuis 2011, assurant la pérennité des investissements à venir et sécurisant les collectivités pour le traitement de leurs déchets. Cette coopération nous permet également de ne pas être un territoire de transit des déchets et de réduire les distances parcourues par les camions des territoires environnants, et assurer une synergie territoriale inédite.

A terme, avec la mise en œuvre des actions inscrites dans le schéma directeur déchets 2030, nous diviserons par deux les 220 kg de déchets résiduels produits, à ce jour, en moyenne par an et par métropolitain (graphique). Pour y parvenir : on s’y met tous !