Grenoble est en train de franchir un pas décisif dans la remise à plat de la collecte et du traitement de ses déchets. Les services techniques de Grenoble-Alpes Métropole instaurent une taxe d’enlèvement des ordures ménagères incitative (TEOMI). La nouvelle taxe prend en compte le nombre de levées des poubelles grises, dans lesquelles se retrouvent les ordures ménagères résiduelles, celles qui n’ont pas vocation à être triées.

Objectif ? Que ceux qui trient mieux payent moins. Ce qui se met en place à Grenoble est observé de très près par le petit monde français des déchets. « C’est la première fois qu’une taxe incitative concerne autant d’habitants [450.000 personnes dans 49 communes], qui plus est dans un habitat avec une majorité d’immeubles, ce qui ne facilite pas la tâche », commente Alexandra Gentric, chargée du suivi des projets de tarification incitative à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Le dispositif, plus juste socialement et plus efficace écologiquement que la taxe classique, est peu utilisé

La possibilité d’introduire une part incitative dans la taxe d’enlèvement des ordures ménagères n’est pas nouvelle. Elle date de 2013, suite à des engagements pris lors de la loi dite « Grenelle 2 ». Mais ce dispositif, à la fois plus juste socialement et plus efficace écologiquement que la taxe classique reste peu utilisé. « À peine 10 % des collectivités ont recours à une incitation financière. C’est dire combien il est important qu’une grande ville comme Grenoble donne l’exemple », insiste-t-elle. 

Si les collectivités hésitent à s’engager dans la mise en place d’une TEOMI, c’est parce que le déploiement d’un tel dispositif est complexe, long et coûteux. Il nécessite avant tout une forte volonté politique. « Un habitant produit en moyenne 193 kg d’ordures ménagères résiduelles par an [contre, tout de même, 270 à l’échelle nationale, selon les chiffres de l’Ademe de 2013]. Nous sommes loin de nos attentes. L’objectif du schéma directeur 2020-2030 est de diminuer de moitié le volume de ces déchets d’ici 2030 et de valoriser les deux tiers de l’ensemble des déchets, toutes poubelles confondues », indique Georges Oudjaoudi.

La taxe incitative concernera 450.000 personnes dans 49 communes.

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