C’est le seul centre de sauvegarde de la faune sauvage de l’Isère. Et il est au bord de la surchauffe. Situé sur la commune du Gua, le Tichodrome accueille les animaux sauvages malades ou blessés qu’on lui apporte. Ils y sont soignés et nourris pendant de longues semaines, jusqu’à leur complète guérison. Martinets noir, écureuils, hérissons, fouines, chouettes et autres buses sont ensuite relâchés dans la nature « quand ils ont retrouvés 100% de leur capacité à chasser, à migrer et à fuir », détaille Mireille Lattier, directrice du centre de soins.

Le Tichodrome recueille beaucoup d’animaux blessés par les chats domestiques et les nombreuses infrastructures humaines : les routes, les lignes électriques, les remontées mécaniques, les barbelés, les baies vitrées, etc. Au 25 août 2019, le centre de sauvegarde hébergeait près de 140 animaux dont une majorité d’oiseaux (rapaces, passereaux…). Pour s’occuper d’eux, entre 15 et 20 personnes, pour la plupart bénévoles, aidés de cinq vétérinaires de la région.

« Ici, la journée commence à 7 heures et s’arrête à 21 heures ou 22 heures, explique Jean-Charles Poncet. L’été, on a même deux équipes qui tournent. » La saison estivale est la plus chargée : les oiseaux migrateurs sont très nombreux et c’est la période de reproduction. Cette année, l’été a viré à l’hécatombe. La canicule a provoqué un afflux massif d’animaux au Tichodrome : « 425 durant le seul mois de juin, ce qui représente une augmentation de 50% par rapport au mois de juin 2018 », précise l’association dans un communiqué.

Canicule : 10 000 euros de surcoût

Jérôme Dutroncy, vice-président de la Métropole délégué à l'environnement, Jean-Charles Poncet, président du Tichodrome, Christophe Mayoussier, maire du Gua, et Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole.
Jérôme Dutroncy, vice-président de la Métropole délégué à l’environnement, Jean-Charles Poncet, président du Tichodrome, Christophe Mayoussier, maire du Gua, et Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole.

Parmi les victimes, de nombreux jeunes martinets noir tombés des toits surchauffés. La structure en a accueilli trois fois plus qu’en 2018. « Or, c’est une espèce qui demande beaucoup de temps (six repas par jour, gavage individuel) avec une nourriture très onéreuse et spécifique (grillons). » Au total, le surcoût lié à la canicule a été évalué à 10 000 euros. L’association a donc lancé un appel aux dons sur une plateforme Internet ; plus de 6000 euros ont été récoltés pour l’instant.

La Métropole soutient le centre de sauvegarde depuis de nombreuses. Et elle le fait de plus en plus : l’aide qu’elle lui apporte chaque année est passée de 2000 euros en 2013 à 10 000 euros en 2019. Pourtant, cela risque de ne pas être suffisant pour assurer la pérennité de la structure, surtout si les épisodes de canicule se répètent et se prolongent. Christophe Ferrari, président de la Métropole, a donc lancé un appel « aux autres collectivités et aux intercommunalités » du département et de la région « à apporter (leurs) contributions ».

« Il faut qu’on vous donne les moyens de remplir votre mission, a-t-il déclaré lors d’une visite du centre. Et je lance aussi un appel aux entreprises qui peuvent faire un geste dans le cadre de leur responsabilité sociale et environnementale. » L’État doit aussi prendre ses responsabilités, a ajouté Jérôme Dutroncy, vice-président de la Métropole délégué à l’environnement : « Vous (le Tichodrome) êtes véritablement une association d’utilité publique qui ne connaît pas les frontières administratives. »

Le Tichodrome possède sept volières qui s'adaptent aux espèces d'oiseaux, et à leurs états de santé.
Le Tichodrome possède sept volières qui s’adaptent aux espèces d’oiseaux, et à leurs états de santé.

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