Hier matin, le Ministre de la Transition Ecologique, François de Rugy a annoncé un plan de préservation de l’eau.

Ce plan s’appuie sur le travail des assises de l’eau piloté par le Ministère. Il a pour mérite de mettre encore une fois l’accent sur l’enjeu fondamental que représente la ressource en eau au regard des bouleversements climatiques actuels.

Mais pour être crédible ce plan devrait être déclinable en actions concrètes. Ce n’est hélas, pas encore le cas.

Nous avons noté que plusieurs mesures prescrites renvoient à des modifications législatives. Il faudra par exemple modifier le Code des Collectivités (CGCT) pour mettre en œuvre l’objectif n° 1 visant à mieux protéger les captages. Mais rien ne permet d’affirmer que cette modification sera adoptée au parlement tant les lobbys agricoles y sont présents y compris dans la majorité gouvernementale.

Surtout, nous constatons que l’essentiel des mesures repose sur un financement des agences de l’eau. Or, en 2018, le gouvernement a détourné 20% du budget des agences collecté sur les factures d’eau des usagers remettant en cause le principe essentiel de « l’eau paye l’eau »
(https://www.actu-environnement.com/ae/news/agence-eau-budget-2018-2019-30474.php4)

Cette ponction a entrainé des annulations et de nombreux reports de projets visant à préserver l’eau. Comment alors imaginer que les mêmes budgets pourront, en plus, financer ce nouveau plan ?

La compétence Eau est aujourd’hui exercée par les communes et les établissements publics intercommunaux dont les Métropoles. La Métropole grenobloise a déjà mis en oeuvre la plupart des préconisations contenues dans ce plan. Au-delà de la communication, sans revenir sur le financement des agences de l’eau, le gouvernement ne fait que ralentir la nécessaire transition vers une consommation plus vertueuse de l’eau.

Francie Mégevand & Eric Piolle
Co-présidents de groupe Métropole En Transitions
à Grenoble-Alpes Métropole