En guise d’état des lieux et pour donner une échelle, l’étalement de l’urbanisation des dix dernières années dans la métropole équivaut à la surface de la commune d’Eybens. Soit 4,5 km2. Aujourd’hui, 70% de la surface urbanisée du territoire compte à peine 20% de la population. Le PLui actuellement en cours d’élaboration devra donc principalement limiter cet étalement en densifiant l’habitat, ce qui aura notamment pour effets directs de limiter les déplacements en voiture, d’augmenter le nombre de commerces de proximité et de sauvegarder les terres agricoles et naturelles.

Un outil au service des maires

Bref : « Pour le territoire, c’est une petite révolution qui vise à une meilleure intégration et à une meilleure harmonisation des 49 communes de la Métropole », explique Yannik Ollivier, vice-président de la Métropole délégué à l’aménagement du territoire, aux risques majeurs et au projet métropolitain. « Il va nous permettre utilement de maitriser notre urbanisme et notre développement en sanctuarisant notamment certains espaces, comme le foncier économique ou agricole. C’est donc un outil au service de l’ensemble des maires pour qu’ils puissent harmonieusement développer leur commune tout en préservant les paysages et en se protégeant des risques ».

Un projet d’aménagement commun

En devenant Métropole au 1er janvier 2015, Grenoble-Alpes Métropole est, de fait, devenue compétente en matière d’aménagement du territoire. Elle s’est donc lancé dans l’élaboration de son Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi), un document essentiel qui doit définir le projet d’aménagement et de développement durable de ses 49 communes, et décliner les règles de constructibilité et d’occupation de son sol. Si chacune des 49 communes dispose encore de son propre Plan local d’urbanisme (PLU), l’ensemble de ces documents sera remplacé par un document unique quand le PLUi sera définitivement adopté en fin d’année.

Conforter la place de la nature

Parmi les sensibilités fortes de ce document arrêté en février 2019 par les élus métropolitains, on retrouve notamment l’importance de conserver et protéger les espaces agricoles et naturels de la Métropole. Si les anciens PLU des communes prévoyaient encore l’urbanisation de plus de 50 hectares du territoire, les règles définies par le nouveau PLUi mettent un net coup d’arrêt à cet étalement, au profit notamment des cultures et de la biodiversité. D’ailleurs, le PLUi s’est aussi donné pour cadre de préserver les parcs et de sanctuariser les réservoirs de biodiversité, tout en imposant un minimum de nature de plein sol au sein des futures constructions. Pour assurer la transition énergétique du territoire, il impose par ailleurs aux nouveaux bâtiments de se doter de normes énergétiques beaucoup plus poussées qu’auparavant, sans compter l’obligation de poser des panneaux photovoltaïques en fonction de l’envergure des toitures, et notamment celles des parkings.

Respecter les paysages

Pour préserver l’esthétique d’ensemble du territoire, la Métropole grenobloise est la seule agglomération française à s’être dotée de « Carnets de paysages » : dorénavant, le PLUi incitera très fortement les aménageurs à respecter l’ambiance paysagère dans laquelle ils voudront insérer leurs futures constructions. Au total, 7 ambiances ont été identifiées, consignées et richement détaillées afin de créer une contrainte positive et une bible paysagère de référence.

Vers une métropole résiliente

Entourée de massifs, parcourue par les rivières et possédant notamment sur son sol des usines chimiques, la collectivité doit aussi anticiper les risques qui ont longtemps et tragiquement marqué son histoire et qui pèsent encore aujourd’hui sur elle, qu’il s’agisse de chutes de roches, d’inondation ou de risques technologiques. Les nouvelles constructions devront ainsi améliorer le système de réponse aux risques du territoire en vue de faciliter un retour rapide à la normale. Cela se traduira notamment par des architectures adaptées plus résistantes, par la construction de bâtiments digue ou encore par des rez-de-chaussée inondables et donc dépourvus de logements.

Multiplier les pôles d’activité

Concernant la vie quotidienne, le PLUi souhaite aussi répondre aux besoins des habitants de retrouver des commerces et des services de proximité : il ne sera plus possible de construire de grands centres commerciaux en périphérie, comme ce fut le cas notamment dans les années 80 et 90. La priorité sera donnée à l’installation de commerces et de services dans les centres-bourgs et les quartiers, de manière à multiplier les pôles de vie et donc de sortir de la logique de la ville centre.

Sanctuariser le foncier économique

Enfin, pour s’assurer de l’attractivité économique du territoire, la Métropole a souhaité réserver un maximum de terrains dans les villes pour l’installation des entreprises, terrains largement grignotés jusqu’à présent par l’habitat. Une façon aussi de préserver des zones d’emplois, qui sont aussi des zones de vie et donc d’émulation économique, et de lutter contre les déplacements pendulaires.


> Deux mois pour contribuer à l’enquête publique

A compter du 1er avril, 11 commissaires enquêteurs auront pour mission de recueillir toutes les expressions, demandes d’évolution, contestations critiques de la population, à propos du PLUi arrêté le 2 février dernier par les élus métropolitains. Pendant deux mois, cette enquête publique invitera tout citoyen a déposer sa demande auprès de ces derniers :

  • Par voie postale à Monsieur le président de la commission d’enquête du PLUI au 3, rue Malakoff CS 50053, 38031 Grenoble Cedex 01 ;
  • Sur des registres installés dans les 49 mairies du territoire ;
  • Par mail à plui-grenoble-alpes-metropole@mail.registre-numerique.fr ;
  • En ligne sur une plateforme dédiée que vous retrouverez bientôt sur la page de la métropole dédiée au PLUi ;
  • Directement auprès des commissaires au sein de leurs permanences qui seront connues à partir du 1er avril.

Au terme de cette enquête qui durera 2 mois, les commissaires analyseront l’ensemble des contributions et soumettront ensuite un rapport comportant un avis favorable (avec possibles réserves) ou un avis défavorable concernant le PLUi arrêté. Sur la base de cet avis, la Métropole modifiera ou non le PLUi et le soumettra enfin à l’approbation définitive des élus métropolitains lors du dernier conseil métropolitain de décembre 2019. A l’issue de ce conseil, le PLUi entrera définitivement en vigueur.

> Une exposition immersive et interactive jusqu’au 5 avril

En amont de l’enquête publique et afin de sensibiliser au mieux les citoyens à la construction et à l’approbation de ce document essentiel à l’aménagement du territoire, une exposition immersive et interactive est actuellement installée dans l’ancien musée de peinture de Grenoble (9, place de Verdun à Grenoble) jusqu’au 5 avril. A la manière d’un escape game et au moyen de quizz, de projections, de visites guidées et de conférences, elle invite le visiteur à s’approprier les différentes solutions d’aménagement envisagées pour ce territoire que l’on sait fini, et sur lequel il n’est donc plus possible de s’étendre indéfiniment.

A partir du 1er avril, la Métropole mettra en ligne (sur la page dédiée au PLUi) une cartographie interactive qui permettra à chaque Métropolitain d’obtenir des informations essentielles sur la parcelle de son choix (destination du terrain, règles de constructibilité, présence de risques, ambiance paysagère à respecter).

En savoir plus

// Lire l’article sur le site de Grenoble-Alpes Métropole