En charge de la lutte contre la divagation des animaux, la Métropole gère au Versoud un équipement préposé à la capture des animaux errants et au placement de ces animaux dans de nouveaux foyers. Aujourd’hui vétuste, cet équipement va faire l’objet d’une rénovation écoresponsable à compter du mois d’avril.

La fourrière métropoitaine a ramassé quelque 850 animaux en 2017. Chaque année, environ 600 chiens et chats sont pris en charge par le refuge de l’Apagi.

La lutte contre la divagation animale est une mission obligatoire des communes au titre du Code général des collectivités territoriales (CGCT) et du code rural. Une mission pas forcément très visible ni très connue et pourtant essentielle : sa vocation est de limiter les risques d’accidents liés aux errements des animaux sauvages ou domestiques.

Une mission confiée à la Métropole par les communes

Dès 1976, les communes de l’agglomération grenobloise avaient fait le choix d’exercer cette mission collectivement via le Syndicat intercommunal d’études, de programmation et d’aménagement de la région grenobloise (Sieparg), que l’on peut considérer comme un ancêtre de la Métropole. La compétence a ensuite été conservée au gré des différentes formes d’intercommunalité qui se sont succédées depuis, jusqu’à la Métropole née en 2015.

Pour exercer cette compétence, la Métropole s’est dotée :

  • d’un service de fourrière dédié au ramassage des animaux. La fourrière est gérée par la société Sacpa Chenil Service, dans le cadre d’un marché d’une durée de 3 ans. Créée en 1969, la société SACPA (Service pour l’Assistance et le Contrôle du Peuplement Animal) est spécialisée dans la gestion des animaux en site urbain et travaille sur l’ensemble du territoire national.
  • d’un refuge destiné au placement des animaux. La gestion du refuge est confiée à l’Association pour la protection des animaux de Grenoble et de l’Isère (Apagi), qui recueille exclusivement les chiens et les chats.

Des bâtiments vétustes, vieux de 45 ans

La fourrière et le refuge sont installés sur la commune du Versoud, dans la vallée du Grésivaudan, à environ 15 km de Grenoble, sur un terrain appartenant à Grenoble-Alpes Métropole, dans un environnement naturel et calme, idéal pour apaiser des animaux souvent en état de stress lié à leur divagation.

Ces dernières années, divers travaux avaient eu lieu sur le site : la construction d’un nouveau bâtiment d’accueil de la fourrière animale en 2004, la construction d’une chatterie en 2010, et la mise aux normes du système d’assainissement non collectif en 2016 (avec construction d’une station-filtre plantée de roseaux et d’une plateforme de lombricompostage).

L’ensemble construit en 1973 est cependant aujourd’hui trop vétuste et méritait d’importants travaux indispensables à une bonne prise en charge des animaux et à un plus grand confort du personnel salarié et des bénévoles.

De gauche à droite : avant et après les travaux (vue d’architecte)

Rénover plutôt que reconstruire

La Métropole a donc engagé un vaste programme de restructuration, à compter d’avril 2019 et pour une durée d’un an. Des travaux qui consistent majoritairement à rénover plutôt qu’à reconstruire. La reconstruction s’avère moins coûteuse à mener, plus vertueuse en matière de transition énergétique, ainsi que plus aisée à mettre en œuvre s’agissant de ce secteur connaissant des contraintes liées au risque d’inondation.

L’installation d’une chaudière à granulés à bois, en remplacement du chauffage au fi

oul existant, viendra compléter les initiatives déjà engagées sur le site en faveur de la transition énergétique et écologique. Celle-ci permettra d’éviter l’émission de 16,5 tonnes de CO2.

Améliorer les conditions de travail et le confort des animaux

Au cœur du programme de travaux, la volonté d’améliorer les conditions d’accueil des animaux et de travail du personnel, tout en œuvrant pour la transition énergétique et écologique.

Les activités de la fourrière comme celles du refuge ne pouvant être interrompues, les travaux seront réalisés en site occupé, grâce à des zones d’attentes et des boxes construits en préfabriqués. Une continuité de service sera ainsi assurée le temps des travaux.

L’idée prévaut également de réemployer et de valoriser certains matériaux existants pour éviter de produire des déchets de démolition.

Le choix du bois local

Les nouvelles toitures, les menuiseries et le bardage seront réalisés en bois massif de provenance locale (label Bois des Alpes).

Le projet architectural a tiré parti des transformations nécessaires à l’usage et de l’engagement environnemental pour proposer des bâtiments aux volumes plus homogènes, des espaces paysagers mieux définis par un espace en patio et une ambiance plus chaleureuse pour les humains comme les animaux.

La « chaleur » du bois et les espaces mieux éclairés, ventilés, agencés permettront d’améliorer les conditions d’accueil des animaux comme les conditions de travail du personnel.

De gauche à droite, Jérôme Dutroncy, vice-président de la Métropole en charge de l’environnement, l’air, le climat et la biodiversité, Christophe Ferrari, président de la Métropole et Philippe Peurière, président de l’Apagi, lors de la conférence de presse dédiée à la présentation des travaux.

« Je souhaite saluer le travail de la fourrière et de l’Apagi, a insisté le président de la Métropole, Christophe Ferrari, et notamment celui de l’ensemble des bénévoles…C’est une fibre militante très forte de notre territoire ! D’ailleurs, si l’on observe d’autres villes européennes, on est parfois surpris de voir autant d’animaux qui divaguent dans les rues… ce qui n’est pas le cas chez nous. Il était donc important d’améliorer les conditions de travail des équipes et le confort des animaux, en proposant un nouvel équipement chaleureux, fonctionnel et exemplaire en termes d’environnement ».

« Grâce à l’aide de la Métropole, l’Apagi s’occupe chaque année d’environ 600 animaux afin de leur retrouver une famille, a de son côté précisé Philippe Peurière, le président du refuge. Sans cette aide, beaucoup seraient euthanasiés ! Certains animaux restent parfois plusieurs mois, voire plusieurs années au refuge, il est donc important qu’ils y vivent dans de bonnes conditions car cela augmente leurs chances d’adoption… D’où l’importance de ces futurs travaux ! »

Le détail des travaux :

  • Construction de nouveaux boxes temporaires
  • Construction pour le refuge d’un nouveau bâtiment (qui cumule les fonctions d’accueil du public, d’infirmerie et de lieu de quarantaine) en remplacement d’un bâtiment modulaire très dégradé
  • Amélioration de la performance énergétique des bâtiments actuels très énergivores malgré leur faible besoin de chauffage
  • Travaux d’isolation thermique, de ventilation, et remplacement du système de chauffage : le système de chauffage au fioul sera remplacé par un réseau de chaleur alimenté par une chaufferie à granulés
  • Travaux divers répondant aux obligations sanitaires
  • Le renforcement thermique des toitures permettra la réalisation d’ouvertures supplémentaires qui amèneront plus de luminosité et une amélioration de la qualité de l’air par ventilation naturelle, dans des bâtiments assez humides car nécessitant un nettoyage fréquent des boxes.

Coût des travaux :

  • Montant total 1 800 000 €
  • Répartition : Métropole : 1 339 000 € / Subventions prévisionnelles : État : 450 000 € – Ademe : 11 000 € (au titre du Fonds Chaleur Territorial gérépar la Métropole par délégation).

Chiffres clés :

  • 848 animaux ramassés en 2017
  • 46% des animaux ont été restitués à leurs propriétaires
  • 48% des animaux ont été transférés à des associations (Apagi, S.P.A.,…)
  • 75% des chiens retrouvent leur famille d’origine
  • 25% des chats retrouvent leur famille d’origine (ils sont moins tatoués ou pucés que les chiens)

// Lire l’article sur le site de Grenoble-Alpes Métropole