La directrice générale de Gaz électricité de Grenoble (GEG), Christine Gochard est arrivée à Grenoble il y a 3 ans. Elle se place sur le front de l’énergie renouvelable et a multiplié les interventions dans ce sens. Elle a aussi pu s’engager sur le thème de la précarité énergétique. Sujet qui touche plus de 15 000 Grenoblois clients de GEG, selon elle.

Greenpeace a sorti cette semaine son classement des fournisseurs d’énergie verte, où GEG apparaît dans la rubrique « En bonne voie ». Qu’en pensez-vous ?

C’est un bon point. Mais on a une stratégie de développement des énergies renouvelables un peu indépendante des critères de notation de Greenpeace, qui utilise sa propre méthodologie d’évaluation des fournisseurs. Après, ce classement ne compare pas les mêmes choses selon les fournisseurs. À GEG, on assure un service public historique, donc on assure et on livre de l’énergie pour tous les clients sur Grenoble. On ne fait pas de la livraison seulement pour les gens qui ont choisi une offre d’énergie renouvelable (ENR). C’est un peu différent.

« Cet automne, deux parcs éoliens vont voir le jour en Picardie et en Nouvelle-Aquitaine. »

Vous développez l’énergie renouvelable depuis plusieurs années. Quelles sont vos projets ?

On a différents types de clients, mais nos clients grenoblois consomment 400 GWh. Pour le moment, on produit 150 GWh d’énergie renouvelable. L’on peut se dire que l’on a de la marge. Mais c’est déjà pas mal ! Et puis on investit dans un programme qui va nous permettre, d’ici 5 ans, d’obtenir les 400 GWh. Cette année, on a déjà progressé avec la mise en place de différentes centrales d’ENR avec des ombrières de parking-relais par exemple (qui apportent 1 MWh de capacité) et 5 MWh de la centrale photovoltaïque de Susville. Enfin, on a inauguré la centrale hydroélectrique à Bozel. De plus cet automne, deux parcs éoliens vont voir le jour en Picardie et en Nouvelle-Aquitaine.

Cette énergie verte créée dans le Nord de la France, sera-t-elle consommée par les Grenoblois ?

L’électricité est un réseau, donc c’est sûr que cela peut paraître virtuel de consommer cette énergie-là. Oui, je ne peux pas garantir que le client qui est se trouve place de la Gare à Grenoble, va consommer le KWh qui a été produit dans le Nord. Ce qui est important de voir, pour le client, c’est qu’il a un fournisseur qui est GEG et qui leur livre de l’électricité, et qui produit vraiment de l’énergie verte. Après, il y a tout un système de certification d’origine de l’électricité. On pense que produire concrètement de l’énergie verte, c’est encore plus fort que de vendre des garanties.

Des recours sur certains de ces parcs éoliens sont-ils encore en cours ?

Sur les deux parcs dont je parle, les recours ont été purgés. Mais quand on prévoit 400 GWh, on prend en compte le risque de recours. Ainsi, on est dans une logique dynamique, puisqu’on compte développer notre production au-dessus de 400 GWh. On travaille tout un porte-feuille de projets et mes équipes travaillent sur 60 projets à différents niveaux de maturité. Ce n’est pas rien. Et si l’on veut continuer, on travaille à détecter de nouveaux projets. En revanche, un nouveau projet découvert aujourd’hui prend beaucoup de temps entre l’identification, l’instruction, la phase d’étude et de négociation. La construction est assez rapide et globalement, on a besoin de 5 à 7 ans sur des projets hydraulique et éolien.

C’est le cas pour la centrale de Bozel ?

Le projet a débuté il y a 5 ans. C’est ce qu’on appelle une micro-centrale ou une PCH (petite centrale hydroélectrique). Comme le potentiel pour les grandes installations a déjà été très largement développé par EDF, aujourd’hui, le potentiel est plutôt sur des cours d’eau qui sont plus petits. Une centrale comme Bozel, c’est la consommation de 2 500 foyers : ce n’est pas rien. Et les études et prospections en Isère sont en cours, dans Belledonne et dans le massif du Taillefer.

 

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