Tout le mois de juin, Grenoble et les communes alentours accueillent la quatrième édition de leur festival de street art. Déambulations dans les rues iséroises.

Perchée dans une nacelle à 15 mètres du sol, Mademoiselle Maurice, salopette maculée de traces de peinture multicolores, gilet jaune fluo et harnais de sécurité, s’active sur la fresque qu’elle prépare sur le pignon d’un immeuble de Fontaine, commune populaire de l’agglomération grenobloise.

Mademoiselle Maurice redescend au sol. Derrière ses lunettes constellées de taches de peinture aérosol, son regard pétille. Sa fresque est baptisée Mandala Flower : «Je fignole le fond noir, pour apposer un maximum de contraste avec les couleurs de la grande fleur-rosace, lui donner une dimension de vitrail.» Elle a choisi, comme à son habitude, d’utiliser les teintes de l’arc-en-ciel : «Je veux amener des couleurs vives, ultra-positives, dans l’espace urbain. Mon but est d’offrir une émotion positive accessible à tous.»

Un origami en métal avec avec lequel Mademoiselle Maurice, artiste réalise certaines de ses œuvres murales, à Fontaine (agglomération grenobloise), le 04-06-18. La quatrième édition du Grenoble Street Art Fest se tient pendant un mois à Grenoble et dans son agglomération. COMMANDE N° 2018-0685Les «origamis de métal» qui parsèmeront l’œuvre. Photo Pablo Chignard. Hans Lucas pour Libération.

Mur gris

Elle va parsemer sa fresque de 600 pièces d’inox plié aux formes stylisées d’oiseaux, des «origamis de métal» en lieu et place des pliages de papier qui ont fait la renommée de ses créations murales. L’œuvre va gagner en durabilité, en volume, et, ajoute l’artiste, «scintiller sous le soleil et générer des lumières éphémères et évolutives». Un habitant du quartier l’interpelle. Après s’être assuré du caractère légal de l’œuvre en cours, puis avoir digéré le fait que l’artiste travaille en toute liberté sur le fond, il finit par lui glisser : «C’est bien mieux qu’un mur gris… Il faudrait faire celui-là aussi !» montrant une autre façade décrépie. L’artiste jubile : «J’aime ce dialogue, y compris avec ceux qui sont gênés par le street art ou par mes couleurs.»

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