Le nouveau parking Cambridge propose 475 places de stationnement pour les riverains et les visiteurs, mais aussi un espace de services et une salle de fitness. Ouverture le 18 juin.

À première vue, il s’agit d’un simple parking de six étages. Le nouvel équipement métropolitain a été inauguré vendredi : un parc de stationnement couvert d’une capacité de 475 voitures et 50 vélos. Les résidents du quartier pourront souscrire un abonnement à tarif préférentiel ou acquérir une place longue durée (20 ans) au moment de l’achat de leur logement. Les visiteurs pourront aussi se garer la journée (mais au tarif horaire). Cette mutualisation des emplacements doit permettre un usage optimal de chaque place car le parking a été construit dans un secteur où le stationnement est limité et où la densité urbaine est amenée à doubler d’ici 2025

Voir l'image en grandMais le parking Cambridge, c’est un peu plus… qu’un parking. C’est d’abord un lieu où tout a été pensé, imaginé pour faciliter la vie des usagers et s’insérer dans le quartier. Construit sans poteau, il offre de longues travées sans obstacle pour faciliter les manœuvres, garantir une meilleure visibilité et un plus grand sentiment de sécurité. L’éclairage s’allume au fur et à mesure que l’on avance (et s’éteint ensuite). La signalétique ne comprend que deux couleurs pour être sûr où l’on est et où l’on va : orange pour l’accès et bleu pour la sortie. Enfin, pour ne pas gêner les riverains, des garde-corps occultent les phares des voitures qui se garent.

Au rez-de-chaussée, le bâtiment accueille un espace d’information et de services dédié à la mobilité, ainsi qu’une salle de fitness de l’enseigne Fifty Nine. Cette société d’origine grenobloise dispose déjà d’un réseau de quatre salles de sports (Échirolles, Saint-Égrève, Voiron et Bourgoin-Jallieu). Son ouverture est prévue en septembre 2018. Mais la cerise sur le gâteau se trouve ailleurs, loin des regards, presque invisible. Elle est même inaccessible au public. Sur le toit : 1500 m2 d’espace végétal, avec vue à 360° sur la Chartreuse et le Vercors, et de nombreuses essences de plantes et d’arbres.

La LPO et les eaux de pluie

L’installation permettra de lutter contre les îlots de chaleur. C’est aussi, et surtout, « un refuge pour toutes les espèces d’oiseaux et d’insectes qui sont en train de disparaître de la ville », explique Didier Succar, architecte du cabinet Patrick Chavannes & Associés. L’agence a même travaillé avec la Ligue de protection des oiseaux (LPO) pour aménager le toit et choisir les végétaux. Les plantes seront arrosées avec les eaux de pluie qui seront récupérées par un système de bâche. Ainsi, le bâtiment sera autonome.

Voir l'image en grand« Ce parking témoigne de l’inventivité dont fait preuve régulièrement ce territoire, s’est félicité Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole lors de l’inauguration. On peut donc concevoir un bâtiment qui consomme moins de béton, moins de matières premières, qui est plus traversant (…) et qui devient ainsi un élément de qualité de vie mais aussi d’attractivité » pour l’agglomération. « Ce qui est une prouesse aujourd’hui devra être la norme demain », a ajouté Vincent Fristot, adjoint au maire de Grenoble.

« C’est un exemple concret de ce que permet la réalité écologique, a renchéri Lionel Beffre, préfet de l’Isère. Comme le chemin-de-fer a révolutionné le 19e siècle, comme la voiture a révolutionné le 20e siècle, nous sommes en train de vivre une nouvelle révolution, celle de la mobilité. Avec ce nouveau bâtiment, Grenoble et la Métropole renforcent leur réputation d’éco-cité ». D’un coût d’une dizaine de millions d’euros HT, le parking Cambridge rejoint le réseau des 21 parkings métropolitains. Exploité par la société Effia, il ouvrira ses portes au public le 18 juin.

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