Le rapport publié le 1er février dernier a fait s’alarmer des élus de tous bords. A la lecture du rapport dit « Duron », la région AuRA, et l’Isère en particulier, ne semblent pas figurer parmi les zones où l’Etat va investir en matière de transport pour les 20 prochaines années. Malgré l’inquiétude légitime, rien n’est figé tant que la ministre n’a pas présenté son projet. Par ailleurs, le projet de Rondeau et d’A480 ne serait pas remis en cause.

Le 1er février dernier, le Conseil d’orientation des infrastructures (COI), sous la présidence de Philippe Duron, remettait son rapport fixant les priorités françaises en matière de grands chantiers de déplacements pour les 20 prochaines années. Le COI a ainsi examiné les projets d’investissement qui « au service des mobilités doivent s’inscrire dans les grands enjeux d’avenir du pays ». Le rapport explique donc que la transition écologique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre et des nuisances n’est pas qu’une option mais une nécessité.

Le rapport rappelle « l’urgence à régénérer et moderniser les infrastructures de transport, tout en tenant compte de la contrainte financière ». Quatre priorités et deux objectifs ont été établis. Pour les premières : améliorer la qualité de service des réseaux, en assurer la pérennité et les moderniser, développer la performance des transports en ville et lutter contre la congestion routière et la pollution, réduire les inégalités territoriales en assurant de meilleurs accès pour les villes moyennes et les territoires ruraux, se doter d’infrastructures et de services de fret performants au service de l’économie française. Pour les seconds, placer la France à la pointe de l’innovation, notamment pour assurer les transitions environnementales et engager sans tarder les grands projets de liaisons entre métropoles en commençant par les nœuds ferroviaires.

Mais à chaque fois qu’un choix s’impose, il fait des malheureux. Sauf que cette fois, il semble que les oubliés soient en Rhône-Alpes, et particulièrement en Isère. Au lendemain de la remise de ce rapport, le vice-président du Département de l’Isère en charge des transports et de la mobilité, Jean-Claude Peyrin, dénonçait la Terra Incognita. « L’Isère en général, et la grande région grenobloise en particulier, sont les grandes oubliées de ce rapport. Il n’y a qu’à regarder la carte, c’est une zone blanche. Un véritable scandale. »

Pourtant, des solutions existent, et « il suffirait de les sortir de la naphtaline. Aujourd’hui, Grenoble est enclavée, et au niveau du ferroviaire, c’est une catastrophe. Les TGV et TER circulent sur les mêmes rails, si bien que l’on perd tout l’intérêt du TGV. Des études existent qui proposent de doubler les voies entre Moirans et Grenoble. On pourrait encore améliorer le nœud ferroviaire en Isère en créant des shunts à Rives et au Grand-Lemps ce qui permettrait encore d’accélérer les lignes grandes vitesse. Cela permettrait d’avoir une vraie desserte locale et une vraie ligne TGV qui mettrait Grenoble à 40 min de la Part-Dieu. Vous imaginez en termes économiques, ou sur le tourisme, à quel point cette solution peut intéresser les entreprises ? »

Des possibilités qui sont complètement écartées par le rapport Duron, au grand damne de l’élu qui a conscience des difficultés. « Evidemment ce sont des travaux lourds et coûteux, mais qu’on pourrait faire de façon progressive. D’abord le doublement des voies qui ferait gagner un peu de temps, puis les shunts… »

Un voeu unanime envoyé au ministère

Le sénateur de l’Isère, Guillaume Gontard, (par ailleurs vice-président de la commission aménagement du territoire et développement durable) a lui aussi exprimé son inquiétude, dans une lettre ouverte à la ministre des Transports, Elisabeth Borne. « Le rapport Duron ne fait aucune mention du nœud ferroviaire grenoblois. Cette absence est incompréhensible. […] l’aire métropolitaine grenobloise, avec ses 750 000 habitants et 320 000 emplois, souffre d’une réelle insuffisance de l’offre ferroviaire et d’une qualité de service dégradée. Ce manque de fiabilité pèse sur le quotidien des usagers, tout particulièrement sur la ligne Grenoble-Lyon, première liaison ferroviaire de la région AuRA en termes de nombre de voyageurs et qualifiée de « malade » dès 2011 par Guillaume Pépy, président du directoire de la SNCF. » Et de transmettre également à la ministre un vœu adopté à l’unanimité au conseil métropolitain de Grenoble, allant dans le même sens.

 

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