La situation des commerces grenoblois, en particulier dans le centre-ville, fait l’objet d’un grand nombre de commentaires. Désertification, travaux, concurrence périphérique… Les « on-dit » sont nombreux. Ces alertes sont-elles pour autant vérifiées ? C’est une question complexe dont la réponse se trouve probablement entre un certain manque de dynamisme et une situation globale plutôt meilleure à Grenoble que dans le reste de la France.

Idée reçue ou vrai problématique ? A Grenoble, quand on parle de commerces, on a tendance à faire la moue et à blâmer la politique de bannissement de la voiture, le stationnement difficile qui n’encourage pas à fréquenter le centre-ville, la concurrence des centres commerciaux, sans parler des travaux du tramway qui se sont tenus durant de nombreux mois, juste devant les vitrines.

Mais au-delà des rumeurs, qu’en est-il réellement ? Car si certains commerces souffrent ou ont souffert, il semble que l’état ne soit pas catastrophique. En tout cas, pas à en croire Christian Hoffmann, vice-président de la CCI de Grenoble en charge du commerce, et président de LabelVille, association qui fédère les 17 unions commerciales de Grenoble. « L’association fédère 900 commerçants » expliquait-il début octobre, alors qu’il présentait la soirée annuelle des commerçants. Interrogé à cette occasion sur le nombre de rideaux baissés de la ville, le professionnel n’avait pas de réponse simple. « On ne peut pas dresser un constat général. C’est vrai qu’il y a la concurrence d’Internet et des centres-commerciaux, c’est vrai que certains commerçants du centre-ville travaillent mieux dans leurs boutiques de la proche banlieue, mais ce n’est pas vrai pour tous. » Il admet néanmoins vouloir redynamiser le centre-ville, d’où le récent recrutement d’une animatrice dédiée aux commerces (poste financé à 90 % par la Métropole).

Une offre pas toujours adaptée

« Elle doit gérer l’administratif, trouver des partenariats, proposer des animations et travailler avec chaque président d’union pour monter des événements. C’est déjà expérimenté ailleurs et il y a des résultats ».

Christian Hoffmann refuse de reporter l’intégralité des difficultés que peuvent rencontrer les commerçants à des facteurs externes. « Oui, le nouveau plan de circulation peut poser des problèmes pour certains, mais il y a aussi des causes intrinsèques. Tout ne va pas mal, et tout ne vas pas plus mal qu’ailleurs. Grenoble se maintient même plutôt mieux que le reste de la France. Et surtout, il ne faut pas oublier l’essence du commerce : avoir le bon produit et le bon service. Celui qui a des produits de qualité, adaptés à la demande, n’a pas de problème, même s’il est en centre-ville. Il faut aussi que certains commerçants pensent qu’il faut être ouvert quand les gens peuvent acheter, donc entre 12 h et 14 h, et le soir après 18 h. […] le moral de certains commerçants est impacté par les changements en ville. Mais je pense surtout qu’il faut arrêter avec le bashing, car on ne donne pas envie aux gens de venir. On ne peut pas savoir si l’impact des changements de circulation seront positifs ou négatifs ».

Car l’amélioration, c’est aussi ce que promet le projet « cœur de ville cœur de métropole » (CVCM), qui prévoit des espaces piétonnisés traversants, afin de permettre de flâner un centre-ville, et donc d’y augmenter le passage.

Une promesse dont la réussite serait la bienvenue, à en croire les conclusions de l’observatoire des chiffres d’affaires du commerce de détail de la région grenobloise, qui montre que le centre-ville est actuellement moins actif que le reste de la commune, elle-même moins active que le reste de l’agglomération. (Voir schéma : Evolution par territoire).

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