Des politiques dont Benoît Hamon, Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon appellent l’Etat à s’opposer au plan social qui menace le fleuron de l’hydroélectricité en France. A défaut, l’Etat doit favoriser le rachat du site par un concurrent national ou européen à même de garantir sa pérennité.

En 2015, General Electric rachetait la branche électricité d’Alstom en promettant la création de 1 000 emplois, la préservation des sites industriels et la R&D (recherche et développement) sur le territoire national. Cette promesse déjà oubliée, dès 2016, GE annonce la suppression de 6 500 emplois en Europe dont 765 en France. Ainsi, le 1er juillet, GE annonce un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) prévoyant la suppression de 345 emplois sur les 800 du site de Grenoble ainsi que la fermeture de l’atelier de mécanique lourde. Il s’agit d’un vaste plan de délocalisation vers la Turquie, l’Inde, le Kenya, et la Hongrie dont l’ampleur est incompréhensible. L’ambition de GE étant de structurer le format de l’entreprise pour assurer une profitabilité élevée au prix d’une casse humaine et sociale injustifiée.

En effet, GE Hydro Grenoble est une entreprise centenaire, détentrice d’un savoir-faire hors pair. L’usine de Grenoble est à l’origine de l’installation de 25% du parc hydroélectrique mondial, dont la plus grande centrale électrique du monde : le barrage des Trois gorges en Chine. La notoriété de GE Hydro tient à la capacité du site à apporter toutes les garanties nécessaires en termes de sécurité d’utilisation, de fiabilité et de rendement. Cet avantage concurrentiel n’est possible qu’en maintenant sur un même site les fonctions d’ingénierie et la chaîne de fabrication.

Au moment où les concurrents suisses et autrichiens font le choix de préserver et d’investir massivement dans leurs centres de production nationaux, la décision de GE d’amputer le centre technique névralgique de toute sa branche hydraulique est incompréhensible, à moins de considérer que GE souhaite progressivement se désinvestir de l’hydraulique. Les arguments du géant américain invoquant «un marché hydraulique largement saturé» ne tiennent pas. Il s’agit d’un plan purement boursier, visant la réduction drastique des coûts afin de sacrifier l’hydraulique au bénéfice de l’éolien.

 

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Premiers signataires :Benoît Hamon, fondateur du mouvement Génération.s ; Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, sénateur de Paris ; Jean-Luc Mélenchon, député des Bouches-du-Rhône, président du groupe parlementaire La France Insoumise ; Marie-Noëlle Battistel, députée de l’Isère (PS), vice-présidente de la commission des Affaires économiques ; Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole (PS) ; Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère (divers gauche), vice-président de la commission Aménagement du territoire et développement durable ; Eric Piolle, maire de Grenoble (EE-LV) ; André Vallini, sénateur de l’Isère (PS).