Comme d’autres territoires en France, l’Isère connaît une période de sécheresse prolongée exceptionnelle. La situation pourrait s’améliorer avec les prochaines pluies.

 

Les pluies estivales et celles de septembre n’ont pas permis la recharge des nappes phréatiques. (crédits photo Emmanuel Chion pour Grenoble Alpes Métropole)

 

La sécheresse perdure. Même en hiver. Comme beaucoup d’autres départements, celui de l’Isère a été placé en alerte sécheresse par la préfecture dès le mois de juillet. Si la situation n’étonne plus en été, elle devient préoccupante quand l’automne touche déjà à sa fin. Car malgré les pluies de ces dernières semaines, l’alerte n’a pas été levée. Elle a même été renouvelée le 6 novembre par le Comité départemental de l’eau rassemblant les services de l’Etat, Météo France, les collectivités locales et des représentants des usagers de l’eau.

L’origine de ce déficit ne date pas d’hier. Il faut remonter un an en arrière, à l’hiver 2016/2017, pour comprendre. Alors qu’en hiver 2015, il est tombé, en moyenne, 974 mm de pluie sur l’agglomération, le niveau des précipitations ne dépasse pas 877 mm en 2016. Or, la situation ne s’améliore pas les mois suivants. Le printemps n’est pas très pluvieux et l’été 2017 voit alterner des périodes de canicule à des averses. Si ces dernières permettent d’éviter le pire, c’est-à-dire une grande sécheresse, elles ne suffisent pas à réalimenter les nappes.

La faible pluviométrie s’est maintenue cet automne. Il y a bien eu quelques précipitations début septembre mais le temps sec est revenu à partir du 15 septembre. Jusqu’à aujourd’hui. Résultat, le déficit pluviométrique sur le territoire métropolitain atteint aujourd’hui 20 à 30% par rapport aux années précédentes. « C’est du jamais vu, s’inquiète Serge Taboulot, chef du centre Météo France des Alpes du Nord. D’habitude, les nappes sont réalimentées en octobre et novembre mais cette année, ça n’a pas été le cas. Que l’on risque un certain tarissement à la fin de l’été, pourquoi pas. Mais là, nous sommes bientôt en hiver… »

Bientôt de la pluie et de la neige

L’étiage, c’est-à-dire le débit minimal, des cours d’eau de la région demeure particulièrement sévère pour cette période de l’année. Si elle s’avère inquiétante pour la faune et la flore, cette situation n’a pas d’impact pour la majeure partie des habitants de l’agglomération grenobloise puisque plus de 80% de l’eau potable distribuée dans la Métropole est prélevées dans les plaines alluviales du Drac et de la Romanche. En revanche, certaines communes sont alimentées par des sources de coteaux qui sont, elles, fortement soumises aux précipitations.

Ainsi, les villes de Fontanil-Cornillon, Saint-Egrève, Notre-Dame-de-Commiers et quelques hameaux à Saint-Paul-de-Varces et Vaulnavey-le-Bas ont vu baisser le niveau de leurs principales sources d’alimentation. D’autres quartiers à Proveysieux, Claix et Noyarey ont également atteint des niveaux proches de l’alerte. Néanmoins, la situation reste sous contrôle. La Régie de l’eau potable de la Métropole a ouvert des maillages sur les ressources voisines pour adapter l’alimentation du réseau à la production actuelle des sources. Parallèlement, elle a lancé des campagnes de recherche de fuites, à titre préventif.

« Il est vrai que la situation pluviométrique reste en-dessous des normes de saison mais il n’y a pas d’inquiétude à avoir, souligne Christophe Mayoussier, vice-président de Grenoble-Alpes Métropole délégué à l’eau. Nous sommes en relation avec les maires de toutes les communes et de tous les hameaux concernés, et nous faisons tout ce qu’il faut pour assurer leur alimentation ».

La situation devrait s’améliorer dans les jours qui viennent. De la pluie, et de la neige, sont annoncées cette semaine, et la prochaine. Cependant, « la neige alimente les nappes à un rythme plus faible que la pluie car elle pénètre très lentement dans les sols, prévient Serge Taboulot. La situation reste tendue. Et on n’est pas à l’abri d’un mois de décembre sec… » Pour préserver la ressource, chaque citoyen est donc invité à faire preuve de civisme et d’économie dans sa consommation d’eau. C’est l’affaire de tous.

// Retrouvez cet article sur le site de La Métro