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La Métropole lance un grand plan d’actions pour collecter et gérer les déchets. L’objectif est de réduire de moitié la poubelle des ordures ménagères et de recycler deux-tiers des déchets.

En 2016, les poubelles « Je trie » contenaient 40% d’erreurs de tri. Ces déchets sont ainsi passés inutilement dans la chaîne de tri.

« Ce sera l’un des éléments forts de ce mandat (…). C’est un nouveau modèle à construire qui va entraîner de profonds changements ». Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole, et Georges Oudjaoudi, vice-président délégué à la collecte et à la valorisation des déchets, ont présenté jeudi le schéma directeur déchets de la Métropole. Cette « feuille de route » pour la décennie 2020-2030 propose de renverser la table.

La situation est, en effet, loin d’être satisfaisante. Malgré les campagnes de sensibilisation, les mauvaises habitudes ont la vie dure : 40% des ordures jetées dans les poubelles vertes devraient être déposées dans les poubelles grises. Le recyclage, lui aussi, est en panne puisque 70% du contenu des poubelles grises pourrait être valorisé. « Les résultats ne sont pas à la hauteur des objectifs affichés, fait encore remarquer Christophe Ferrari. Il faut réagir ».

Voir l'image en grand Adopté vendredi dernier en conseil métropolitain, le schéma directeur déchets de la Métropole propose donc un plan d’actions en cinq volets : la réduction des déchets à la source, le tri des déchets alimentaires, l’amélioration et le contrôle du tri, la tarification incitative et enfin, la construction et/ou la rénovation d’équipements industriels.

La collecte des déchets alimentaires

Un habitant de la Métropole jette en moyenne 12 kg de nourriture par an. L’objectif est de réduire de 20% ce volume d’ici 2030. Pour y parvenir, la Métropole va renforcer ses actions incitatives : acheter en vrac, recycler les objets anciens ou usagers, utiliser des broyeurs de déchets verts, limiter la publicité dans les boites aux lettres ou encore demander aux maternités d’utiliser des couches lavables.

Autre axe d’intervention : la collecte des déchets alimentaires. Trois quartiers de la Métropole (le centre-ville et la Capuche à Grenoble, et la Commanderie à Échirolles) expérimenteront dans quelques jours le tri des déchets alimentaires. Le dispositif sera étendu à l’ensemble des 49 communes à partir de 2019. Tout en faisant la promotion du compostage, la Métropole fournira à tous les foyers un nouveau bac, marron, pour déposer ces déchets.

Une tarification incitative

Le contrôle du tri sera aussi renforcé. Une police de l’environnement sera créée avec pour mission de faire respecter le règlement de la collecte adopté par la Métropole. Par ailleurs, une brigade de la propreté sera chargée de nettoyer les abords des points de collecte. Enfin, avant de vider les bacs (gris, vert et marron), des agents de la collecte vérifieront que le tri a bien été fait. Si ce n’est pas le cas, ils le notifieront au propriétaire du bac qui sera sensibilisé, avant d’être éventuellement surfacturé.

Voir l'image en grand La Métropole appliquera également une tarification incitative avec la taxe d’enlèvement des ordures ménagères incitative (TEOMI) proposée dans les orientations de la loi sur la transition énergétique votée par le Parlement en 2015. Le principe est simple : moins on produit de déchets, moins on paye. Comment ça marche ? La TEOMI comportera une part fixe et une part variable qui sera calculée en fonction du poids des déchets déposés par foyer ou du nombre de fois où le bac a été vidé dans la benne à ordures. Pour ouvrir ses bacs, chaque foyer disposera d’un badge.

Dernier volet du schéma directeur : le renouvellement des grands équipements dont certains sont vieillissants. Quatorze déchèteries (sur un total de 22) seront construites ou rénovées d’ici 2030. L’usine d’incinération Athanor, situé à La Tronche, sera reconstruite. Elle accueillera également sur son site un nouveau centre de tri capable de traiter 55 000 tonnes de déchets par an.

L’adhésion de la population

Enfin, le centre de compostage de Murianette accueillera une nouvelle activité : la méthanisation qui permet de produire du biogaz grâce à la décomposition des déchets alimentaires. Une fois traité, ce gaz rejoint le réseau de gaz naturel et peut alimenter, par exemple, les camions de collecte (50% d’entre fonctionneront au biogaz d’ici 2030). Au total, 170 millions d’euros seront consacrés à ces investissements.

Le coût global du schéma directeur déchets 2020-2030 est estimé à 238 millions d’euros. Le chantier est colossal. Il nécessitera, en premier lieu, l’adhésion de la population mais il demeure réaliste, assure Georges Oudjaoudi : « Nous avons 13 ans pour arriver à faire ce qui se passe déjà ailleurs, notamment en Italie du Nord. Il n’y a pas de raison qu’on y arrive pas ».

Pour en savoir plus :

La Métropole présente au public son schéma directeur déchets 2020-2030 lors d’une conférence organisée mardi 14 novembre (18h30) au Forum (3, rue Malakoff à Grenoble). Entrée libre.

 

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