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À partir de novembre, trois quartiers de la Métropole expérimenteront la collecte des déchets alimentaires. Au total, 3000 foyers et 500 commerçants participeront à cette opération pilote.

La loi de transition énergétique de 2015 impose une obligation de séparation à la source des bio-déchets d’ici 2025.

Épluchures, coquilles d’œufs, restes de repas, marcs de café, pains rassis… Chaque année, 18 000 tonnes de déchets alimentaires sont produits dans l’agglomération, soit environ 60 kilos par habitant. Aujourd’hui, ces déchets ne servent à rien alors qu’en les triant, on pourrait les valoriser et produire un compost de qualité, et même du biogaz. Cette matière inexploitée pourrait ainsi recouvrir les besoins en énergie de 700 logements. Ou alimenter en carburant des bus et des bennes à ordures.

Face à ce potentiel économique qui ne demande qu’à être exploité, la Métropole a décidé d’expérimenter la collecte des déchets alimentaires à la Capuche à Grenoble et dans le quartier pavillonnaire de la Commanderie à Échirolles. A partir du 27 novembre, chaque foyer sera équipé d’un bioseau et de sacs compostables qui serviront à stocker les déchets à la maison, et d’un nouveau bac, de couleur marron.

Même s’ils laissent passer la vapeur d’eau des aliments, les bioseaux et les sacs compostables sont étanches. Ils ne laissent donc pas échapper les éventuelles mauvaises odeurs liée à la maturation. En outre, les bacs marron seront ramassés chaque semaine. Les déchets alimentaires seront acheminés au centre de compostage de Murianette pour être transformés en compost dans les cultures maraîchères de la région.

« Un changement très important »

Voir l’image en grand Éric Piolle, Georges Oudjaoudi et Daniel Bessiron

Le centre-ville de Grenoble sera lui aussi le terrain d’une expérimentation qui mobilise, cette fois, les commerçants et restaurateurs. Comme les habitants de la Capuche et de la Commanderie, ils devront trier leurs déchets alimentaires et les déposer dans un bioseau puis le bac marron. Mais en plus, ils devront trier tous leurs cartons pour les déposer dans des points de dépôts déterminés – sauf dans quelques rues où ils pourront les laisser devant leur boutique pour que l’association Grenoble Solidarité les récupère.

« C’est un changement très important qui nécessite de se rapprocher de l’habitant, note Georges Oudjaoudi, vice-président de Grenoble-Alpes Métropole délégué à la collecte des déchets. Il faudra analyser son comportement, proposer des corrections si nécessaire mais aussi adapter la fréquence du ramassage et le nombre de bacs en fonction de la volumétrie ».

 

 

« L’expérimentation est une bonne méthode, souligne Éric Piolle, maire de Grenoble. Mais pour que ça marche, l’implication des commerçants, des habitants et des copropriétés est indispensable ». « Il faut que ce soit compris, bien perçu et pas imposé », renchérit Daniel Bessiron, adjoint au maire d’Échirolles en charge du développement durable. Des réunions publiques seront organisées dans les semaines qui viennent, et les Messagers du tri sillonneront les quartiers concernés pour informer les habitants et les professionnels.

Au terme de ces expérimentations, qui dureront de trois mois dans le centre-ville à un an à la Capuche et la Commanderie, l’objectif de la Métropole est généraliser la collecte des déchets alimentaires sur l’ensemble de son territoire à partir de 2019. Cette nouvelle organisation s’adossera à deux projets industriels : l’agrandissement du centre de compostage de Murianette et la construction d’une méthanisation et de compostage capable de produire du biogaz.

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Lorient, Milan, San Francisco… Ils le font déjà

La collecte des déchets alimentaires est déjà réalisée dans d’autres villes comme à Lorient, en Bretagne, qui s’y est mis dès 2003 et où est collecté 40 kg de déchets par an et par habitant. Milan, elle, en récupère plus de 90 kg. À Vienne, en Autriche, c’est 45 kg et à Munich 31. Enfin, San Francisco recycle ou composte près des 80% des déchets collectés.

// Retrouvez cet article sur le site de La Métro

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