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Qu’on l’aime ou pas, le béton est devenu un matériau incontournable dans la construction. Il est né ici, sur les berges de l’Isère.

La Casamaures, à Saint-Martin-Le-Vinoux, est en ciment moulé.

Il y a 200 ans, l’ingénieur grenoblois Louis Vicat publiait ses premiers travaux sur les chaux et ciments artificiels. Le début d’une épopée industrielle partie du Dauphiné et qui a conquis le monde. L’École nationale supérieure d’architecture de Grenoble rend aujourd’hui hommage à ce matériau qui a façonné notre cadre de vie pour le meilleur et parfois, le pire.

Dans la région, « l’or gris » du Dauphiné est partout. Il a d’abord été utilisé par le génie civil : trottoirs, conduites d’égout, d’eau et de gaz (sans oublier les vespasiennes). Puis, on s’en est servi pour construire des bâtiments publics : la tour Perret (1925), la bibliothèque municipale d’étude et du patrimoine (1959), l’Hôtel de Ville, le Palais des sports ou encore la Maison de la Culture (1968).

« J’aime le béton »

Il fut également utilisé pour bâtir des hôtels particuliers (La Casamaures) ou de tourisme comme l’hôtel Mercure. Et surtout des immeubles d’habitation : Turenne (1933), Gambetta-Rivet (1934), Grenix-Makalu (1942), Condorcet (1954), les Trois Tours (1967)… Au pays de la « houille blanche », le béton servit enfin à réaliser les barrages comme celui du Chambon (1926) ou celui du Sautet (1935).

Comme n’importe quel enfant du pays, le béton possède de nombreux défenseurs dans la région. Ainsi, Colette Allibert, présidente de l’Association pour le patrimoine et l’industrie en Dauphiné (APHID) : « J’aime le béton par ces aspects esthétiques, quand il est associé avec de l’acier et du verre par exemple. Mais je l’aime aussi parce qu’on peut compter dessus, tout simplement. Ce n’est pas comme le bois… »

Mais le ciment est aussi régulièrement mis à l’index. Gris, terne, massif, il reste associé aux grands ensembles architecturaux construits à partir des années 50 – et souvent déconstruits trois ou quatre décennies plus tard. Les défenseurs de l’environnement l’accusent encore de grignoter les surfaces agricoles et d’imperméabiliser les sols.

Délit de sale gueule

« C’est vrai qu’on a usé et abusé de ce matériau qui était devenu, à une certaine époque, une solution de facilité », reconnaît Cédric Avenier, enseignant-chercheur à l’ENSAG. Résultat, le ciment souffre aujourd’hui d’un « délit de sale gueule », qui reste injustifié selon l’expert : « Le matériau n’a rien demandé : il n’est ni bon ni mauvais ».

En revanche, ses atouts sont légions : « Il est très résistant, pas cher (…) et sa production n’est pas délocalisable, ni mécanisable ». Autre avantage, plus surprenant celui-là : « C’est l’un des matériaux les plus écologiques qui soit. Il est tellement lourd qu’on ne le transporte jamais à plus de 50 km de son lieu de fabrication. Sinon, ce n’est pas rentable. C’est donc toujours du circuit court ».

Plus d’infos sur le site 200ansdebeton.com.

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