La Métropole mène dans plusieurs écoles une opération de sensibilisation au gaspillage alimentaire, qui représente un immense gâchis.

 

Dans un monde où la faim et la malnutrition sont loins d’avoir disparu, jeter de la nourriture est d’abord inacceptable sur le plan éthique. Le gaspillage alimentaire, c’est aussi une dilapidation de l’eau, de matières premières et de ressources énergétiques. C’est enfin un immense gâchis d’argent. Selon l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), le gaspillage des ménages français représente dix milliards d’euros par an.

Pour lutter contre cette gabegie, le ministère de l’Environnement et l’ADEME ont lancé en 2016 l’opération « 1000 restaurants scolaires contre le gaspillage alimentaire » en association avec les collectivités locales. Dans la région grenobloise, les Messagers du tri de la Métropole sillonnent depuis septembre les écoles du territoire pour sensibiliser les enfants et le personnel des cantines.

Françoise Laboissière, une de ces Messagères, se trouvait lundi matin à l’école maternelle du Vercors, à Sassenage, pour réaliser un premier diagnostic. « Je note, par exemple, toutes les quantités d’aliments qui sont rentrées dans le frigo, mais aussi le nombre de repas prévus et ceux qui sont effectivement servis », explique-t-elle. Après les repas, elle pèse aussi les denrées gaspillées. Ce jour-là, près de six kilos de betteraves ont fini à la poubelle.

Les questions se bousculent

Devant ce sac rempli de victuailles, Françoise Laboissière s’interroge : « En voyant cela, on peut se demander s’il faut cinq composants à chaque repas… Faut-il une entrée ? Ou passer directement au plat principal ? Même chose pour le pain. Sachant que celui-ci sert souvent de coupe-faim, faut-il en donner systématiquement ? Et puis, est-ce qu’il faut distribuer les mêmes proportions à tous les enfants alors qu’ils n’ont pas tous le même appétit ? »

Après le diagnostic, la Métropole accompagne les communes volontaires pour la réalisation d’un plan d’actions, en partenariat avec Verdicité, un bureau d’études en prévention et gestion des déchets. Le programme se déroulera sur deux ans dans 80 établissements. Au terme de cet accompagnement, une « boîte à outils » sera créée, afin de permettre aux communes qui le souhaitent de se lancer dans une démarche anti-gaspillage et d’échanger sur leurs bonnes pratiques.

Pour réduire le gaspillage alimentaire, l’implication de l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire s’avère nécessaire : producteurs, transformateurs, distributeurs, restaurateurs, transporteurs… sans oublier le consommateur, même s’il n’a pas toujours l’impression de gaspiller. En 2013, le gouvernement a lancé le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire avec un objectif : diminuer par deux le gaspillage alimentaire d’ici 2025.

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