LinkyContexte

Suite à une Directive du parlement européen de 2009 concernant des règles communes pour le marché intérieur de l’électricité : Les États membres veillent à la mise en place de systèmes intelligents de mesure qui favorisent la participation active des consommateurs au marché de la fourniture d’électricité.

En France la loi de transition énergétique d’août 2015 prévoit la généralisation de compteurs communicants Linky Entre 2015 et 2021, 35 millions de nos anciens compteurs seront remplacés par Linky.

Linky est un compteur électrique communiquant qui peut être actionné et consulté à distance. Il permet de transmettre en temps réel des informations au gestionnaire du réseau électrique.

Si on peut se réjouir qu’un tel outil soit déployé car il permet d’envisager des évolutions décisives de notre système de production électrique, ce nouveau compteur soulève des inquiétudes. Efficacité, libertés publiques, impact environnemental ou pertinence technologique… les questions restent nombreuses.

// Ondes :

Linky envoie ses informations par courant porteur en ligne CPL (sous forme de signal électrique via les câbles d’alimentation électrique). L’émission ne dure que quelques secondes par jour (800 octets de données, soit l’équivalent d’un SMS) et s’effectue sur la ligne extérieure au logement. Mais cette émission vient s’ajouter à d’autres.

// Les données personnelles :

Le compteur Linky communique au moins une fois par jour un relevé régulier et automatique de la consommation d’électricité du foyer.

La CNIL autorise l’enregistrement et la conservation de ces données sous plusieurs conditions et avec l’accord de l’usager. Information qui n’est pas donnée au moment de l’installation.

// Les coupures de courant :

Avec Linky, EDF se verra dotée d’un outil permettant de couper le courant sans avoir à se déplacer. La loi interdit à tous les opérateurs toute coupure pour impayés sans contact avec le client.

// Le risque de piratage :

Les échanges entre le compteur Linky sont cryptés par un algorithme de haut niveau approuvé par l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI). Par ailleurs, cet échange de données ne se fait pas par Internet, mais passe directement par le réseau électrique, grâce au CPL.

// Le coût de Linky et la question de l’emploi ? :

Le coût du déploiement du compteur Linky est évalué entre 5 et 7 milliards d’euros. EDF s’est engagé à l’amortir sur 20 ans sans le faire payer aux usagers. Mais la facturation complexe annoncée peut permettre de glisser des augmentations du service rendu. Le reclassement des personnels qui effectuaient les relevés reste encore flou, tout comme les créations d’emploi liées au recyclage des 35 millions de compteurs déposés.

// La démocratie en question :

Le compteur Linky pose un problème démocratique puisqu’il est imposé à l’usager. Pourtant il reste possible de refuser, il suffit de le signifier lorsque l’installateur appelle pour prendre rendez-vous. On peut également choisir la périodicité du relevé de consommation (journalier, hebdo ou mensuel)

 // Le déploiement de Linky doit être l’occasion d’améliorer l’implication des usagers dans leur consommation électrique :

Linky est un maillon d’un projet plus vaste : rendre la consommation électrique des usagers plus réactive à la production globale. L’objectif est d’assurer l’équilibre entre l’offre et la demande à tout instant et d’intégrer plus finement les énergies renouvelables dans la production d’électricité. L’électricité n’est pas stockable le solaire et l’éolien sont intermittents. Il faut donc privilégier la consommation quand il y a du soleil et du vent et la limiter dans le cas contraire.

// Linky, un modèle dépassé à l’heure de l’open data ?

A l’ère des objets connectés, il est possible que Linky, un peu comme le minitel en son temps, soit vite dépassé par l’usage des objets connectés.

Il existe déjà des prototypes de compteurs libres, des projets permettant de visualiser sa consommation électrique et des objets connectés permettant de piloter ses appareils électriques seront bientôt disponibles.

Le groupe des élu-e-s du Rassemblement Citoyen Solidaire Ecologiste (RCSE) à Grenoble-Alpes Métropole :

  • Constate que le déploiement des compteurs Linky pose de nombreuses questions ;
  • Propose néanmoins d’approuver le développement du Linky malgré les insuffisances constatées, car il permet dans le cadre de la transition énergétique un pilotage des politiques publiques de l’énergie pour aller vers un mix énergétique ;
  • Comprend et refuse de condamner les collectivités ou les particuliers qui font le choix de résister et refusent l’installation des compteurs ;
  • Demande que les personnes électrosensibles aient la possibilité de refuser le compteur sans pénalités financières ;
  • Demande l’organisation d’études sur le rayonnement de Linky et ses effets sur la santé ;
  • Demande que l’État et ERDF mettent en place les informations nécessaires aux communes concédantes ;
  • Engage ERDF à organiser des réunions d’informations en direction des usagers explicitant les avantages, les inconvénients et les droits des usagers – notamment concernant les données personnelles ;
  • Demande que l’État et ERDF mettent en place les informations nécessaires aux communes concédantes ;
  • Engage les collectivités à exercer une vigilance particulière sur les conditions de déploiement des compteurs, notamment en matière d’information et de concertation ;
  • S’interroge sur le devenir des salariés qui effectuaient les relevés de consommation et exige des politiques de gestion et requalification de ces personnels ;
  • Demande à l’État de préciser la politique d’ensemble des compteurs communicants appelés à se développer (électricité, gaz, chaleur, énergies renouvelables) : nature des services attendus, des moyens offerts aux usagers et mutualisation des communications pour réduire les coûts et les émissions ;
  • Soutient la création d’un service public de gestion des données garantissant la protection de la vie privée et une égalité d’accès aux données recueillies.
  • Demande que l’usager soit informé de tous ses droits en matière d’accord à donner pour la collecte de la courbe de charge de son domicile, et le pas de mesure, ainsi que sur l’autorisation à transmettre ces données à un fournisseur ou à un tiers pour leur traitement .
  • Demande que le fournisseur d’énergie mette gratuitement à disposition de l’usager les informations sur sa consommation d’énergie, selon les modalités d’enregistrement retenues avec en plus la valeur en euros de la consommation.