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pascal-clouairePascal Clouaire sur le commerce

 

Convention FISAC GPV (2ème tranche) : autorisation donnée au Président de signer ces conventions [1DL15819]

« Je vous écoute et je dois vous avouer que je suis interrogatif… par votre vision du développement de l’économique de proximité contenue dans vos propos parce qu’ils dressent en creux une proposition politique qui est celle d’une époque révolue. Nous ne sommes plus au 20ème siècle. Les choses changent.

Au fond j’ai un peu l’impression que les trente glorieuses, l’époque de la croissance, le modèle des villes des années 70, construites autour et pour la voiture, sont la madeleine de Proust de nos oppositions. Je vous laisse à vos nostalgies à une urbanisation dont notre métropole porte encore aujourd’hui les stigmates, car nous sommes en responsabilité pour préparer l’avenir et construire un nouveau modèle de développement qui allie la transition écologique et la nécessité économique.

Les Grenoblois et plus largement les habitants de la métropole n’ont pas à choisir entre santé et consommation, entre économie et écologie. Ne tombons pas dans une sorte de chantage : nous ne voulons pas attendre que les gens soient malades pour consommer. Vous n’avez pas à faire choisir les citoyens entre la pollution et la consommation, entre bronchiolite et chiffre d’affaires, entre mode de déplacements alternatifs et compétitivité.

Alors oui, je comprends les commerçants, qui sont face à des bouleversements très importants, des changements comme ils n’ont peut être jamais connu à la fois dans les modes de consommation et les modes de production.

Nous partageons avec les eux les mêmes objectifs : faire vivre notre centre ville, développer l’économie de proximité.

Et les conventions qui nous sont présentées ici ont un rôle essentiel de soutenir et re-introduire du commerce de proximité et de l’activité artisanale qui sont aux antipodes des grands projets de centres commerciaux qui asphyxient littéralement le commerce local et développent des modes de consommation de masse, du toujours plus, tout le temps, bientôt tous les jours de la semaine, dimanche compris grâce ou plutôt à cause de la loi Macron : consommer des produits standardisés produits à l’extérieur du territoire, toujours moins cher. Je vous passe les dernières innovations de la « scanette » où il n’y a même plus de caissière.

Mais instrumentaliser certains commerçants à des fins politiciennes : nous ne rentrerons pas dans ce jeu politicien, dans les faux débats, car les enjeux sont trop importants, trop grave pour jouer à ce petit jeu. Car qui a tué à petit feu le commerce de proximité ? Qui a fait la part belle depuis plusieurs décennies à la grande distribution, qui a installé les grandes surfaces à la périphérie de notre ville ?

Nous sommes en 2015 : il est temps d’arrêter d’opposer embellissement des villes, développement du commerce et de l’économie de proximité et lutte contre la pollution, car ces deux enjeux sont liés. D’autres villes dans le monde y sont arrivée : Amsterdam, Anvers, Copenhague, Ferrera en Italie ou encore Seville. Grenoble n’a pas vocation à devenir un laboratoire de l’écologie, mais nous devons d’abord rattrapé notre retard pris sur d’autres grandes villes du monde.

Nous savons où nous allons, et nous voulons y aller ensemble. »

 

 

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